La « permattitude » managériale – épisode 2

News Transformation managériale

Episode 2/4 : Et concrètement, comment se traduit la « permattitude » managériale en entreprise ? Etre tout d’abord attentif à l’humain

par Florence Guillerm – coach agile et facilitatrice

Mai 2019

Nous avons vu précédemment en quoi consiste la « permattitude » managériale, en lien avec la « permaculture ». Et concrètement, comment se traduit-elle en entreprise ?

L’un des grands principes de la « permaculture » consiste à être attentif à l’humain, à ses besoins d’entente et de coopération, à ses envies de réalisation et d’inspiration.

Commencer par soi-même

Il s’agit d’abord de commencer par soi-même en veillant par exemple à être en cohérence avec la vision et les valeurs de l’entreprise pour laquelle (ou avec laquelle) nous travaillons et dans laquelle nous sommes naturellement considérés et écoutés.

Rester vigilant quant à notre propre motivation et bien-être, sans dépasser nos limites sous la pression du temps ou d’une importante et constante charge de travail, est essentiel pour conserver un équilibre et pouvoir vivre pleinement notre rôle de manager-ressource.

Souffler pour éviter de s’essouffler, veiller à s’oxygéner pour ne pas risquer l’étouffement, faire quelques pas de côté pour déplacer sa vision… autant de nouvelles façons d’aborder le travail que chacun peut s’autoriser, dans le sens d’en être l’auteur-responsable, sans culpabiliser car le contexte le permet aussi et ne cultive pas les injonctions paradoxales (entre ce qui est affiché et ce qui se vit réellement).

Pour pouvoir comprendre les autres

Ce n’est que lorsque cet équilibre est trouvé et maintenu qu’il devient possible d’observer et d’écouter finement les besoins, les émotions, les envies, les aspirations de chaque membre de l’équipe, en cherchant à y répondre le mieux possible.

 

Pour y parvenir il est donc nécessaire de choisir d’y consacrer du temps en multipliant les moments d’échanges collectifs et individuels, si possible informels car ils permettent d’ouvrir plus largement en étant suffisamment à l’aise : l’intention qui nous anime étant immédiatement palpable, il est important qu’elle reste bienveillante et le plus neutre possible, ce qui est un exercice exigeant car nous avons naturellement tendance à juger et à vouloir nous inscrire immédiatement dans l’action.

Développer une capacité d’écoute fine, incluant les émotions

Cela demande surtout d’être en capacité d’écouter pleinement l’autre jusqu’au bout, y compris parfois les silences, sans penser à la réponse, en interprétant et en jugeant le moins possible, en questionnant pour comprendre et approfondir, en reformulant et en encourageant aussi. Ce n’est qu’à cette condition que notre interlocuteur se sentira considéré et véritablement écouté par une personne profondément concernée, bienveillante et ouverte d’esprit. Il ou elle aura donc envie de se livrer plus facilement, y compris sur ses ressentis.

La première condition est d’être au clair avec soi-même, en cohérence entre son « moi-idéal » et son « moi-réel » ou « aligné » comme disent les coachs, sinon la relation risque d’être inconsciemment faussée. Ensuite il est important d’être en capacité de freiner ses pensées pour mieux accueillir la pensée et les ressentis de l’autre. Cette pratique particulièrement exigeante nécessite de poser une intention d’écoute neutre et bienveillante (comme la parfaitement étudié et théorisé Carl Rogers dans son « approche sur la personne ») et de s’entraîner à développer son empathie naturelle en habituant son égo à faire véritablement de la place à l’autre.

Comme en « permaculture » qui pose le principe que tout peut se jardiner, l’accueil inconditionnel de l’autre et la croyance que chacun d’entre nous possède du potentiel qu’il ou elle ne voit peut-être pas, influence de manière décisive la qualité de la relation et donc du chemin effectué ensemble.

Nous savons aujourd’hui à quel point les émotions influencent nos décisions, nous marquent durablement et nous donnent l’énergie d’agir comme un moteur puissant. Cette capacité à les écouter, en commençant par les nôtres, à en comprendre le langage (dont les besoins parfois inexprimés), à les réguler, à les cultiver quand elles sont appropriées, est un talent à la main de tous les managers pour peu qu’ils en prennent conscience et décident de le développer (en se formant par exemple, avec leurs équipes et leurs pairs, à l’intelligence émotionnelle).

Dans le contexte actuel, cette compétence revêt une dimension fondamentale, en particulier pour les activités en relation avec les clients car nous avons tous tendance à faire vivre aux autres ce que nous expérimentons chaque jour.

Nous pouvons donc faire le pari, avec Vineet Nayar, qui fut le premier à développer cette idée dans son ouvrage « Employees first, customers second », qu’en cultivant des ressentis agréables et marquants en interne, non seulement nous créons du « mieux-être » et de la motivation, mais nous contribuons aussi à favoriser de meilleures relations avec les clients et à créer des expériences positives marquantes dont ils se souviendront.

Peut-être pas de façon parfaitement symétrique car nous ne sommes pas des machines, mais sans doute par diffusion d’un « mieux-être » contagieux qui prendra autant de formes qu’il y a de relations uniques. 😊


Le prochain épisode continuera à aborder la traduction concrète de la « permattitude » managériale en entreprise en s’intéressant à la posture du manager.

Florence Guillerm – coach agile et facilitatrice

A propos de l'auteur
Béatrice Van Bastelaer

Directrice Acemis / Transformation par l'expérience clients

Contacter l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *